SHAO Société Historique et Archéologique de l\'Orne

Conférence de Patrice Mouchel-Vallon - samedi 14 janvier 2017: Le soulèvement des campagnes en Basse-Normandie à la fin des Guerres de Religion

La samedi 14 janvier 2017, la SHAO avait invité Patrice Mouchel-Vallon pour une conférence sur les derniers soubresauts des Guerres de Religion pendant les années 1589-1594 en Normandie.

 

LE SOULEVEMENT DES CAMPAGNES

EN BASSE-NORMANDIE

A LA FIN DES GUERRES DE RELIGION :

Les Gautiers du Perche et du Val de Saire

 

Patrice MOUCHEL-VALLON est professeur d'histoire-géographie au lycée Alain d'Alençon depuis une vingtaine d'années. Il est chercheur associé au CRAHAM de Caen.

Il présente une thèse en février 2017 à l'Université de Caen intitulée :

"Croquants, rebelles et ligueurs en Cotentin à la fin du XVIe siècle".

 

Gérard Bourdin, dans une présentation très vivante du conférencier (son ancien collègue), n'a pas manqué de souligner la nouveauté des propos qui allaient être tenus, compte-tenu du vide historiographique concernant cette période.

 

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Au début de son exposé, le conférencier a rendu un hommage appuyé à Jean-Claude Blanchetière, ami, complice de recherche et lui-même grand connaisseur de cette période.

 

Il faut avoir de l'audace, des compétences paléographiques, méthodologiques, et... beaucoup de chance pour retrouver les quelques documents porteurs qui allaient enclencher cette recherche.

 

La démarche a été explicitée dans la première partie de l'exposé, notamment la présentation de la pièce d'archive concernant le Cotentin et retrouvée aux Archives départementales de l'Orne (Mémoires sur le Cotentin, fonds Odolant, 31J32) : « Liste des hommes contre lesquels il est rapporté de certain avoir été de la conjuration entreprise et faite dans la ville de Cherbourg ».

Le contexte historique est celui des ligueurs et des protestants dans la Province de Normandie.

 

Quel excentricité du hasard pour Patrice Mouchel-Vallon de trouver loin de son Cotentin natal le point de départ de sa recherche, dans la ville où il enseigne.

 

Il précise ainsi les contenus de sa recherche :

«Au nom de quoi la religion serait-elle au dessus des lois ? Pareille question hante le XVIe siècle tout entier et interroge à leur tour les catholiques français lorsqu'ils redoutent, à partir de 1584, l'avènement d'un roi protestant, le futur Henri IV. Ce qu'on appelle la Ligue ou Sainte-Union catholique désigne ce vaste mouvement populaire qui embrase l'ouest de la France, dans un des derniers soubresauts des Guerres de Religion. Le phénomène est mal connu en Basse Normandie, si on excepte l'historique de ses coups de canon et reprises de villes rebelles par l'armée royale. Il se singularise pourtant par deux séditions paysannes jamais étudiées, celle des Gautiers du Perche et le soulèvement du Val de Saire en 1589, qui n'ont rien à envier aux troubles de Bretagne. Seules quelques places, telles que Caen, Granville, Saint-Lô et Cherbourg n'ont pas trahi. Le Mont-Saint-Michel, Avranches, Coutances, Valognes, Vire, Bayeux, Lisieux, Falaise, Montreuil et les faubourgs d'Alençon figurent, au contraire, dans le camp rebelle. Et leur écrasement militaire ne signifie pas leur extinction, comme on l'a cru.
Qui étaient ces ligueurs des petites villes et campagnes bas-normandes ? Le dépouillement de nouvelles sources judiciaires en provenance d'Alençon, Flers, Rouen et Dijon permet enfin de reconstituer le public bigarré et picaresque de ces milices paysannes ameutées au son du tocsin, de curés avec arquebuses, moines-brigands, seigneurs pillards, officiers véreux, pirates, naufrageurs, potiers, tisserands, teinturiers, gentilshommes-verriers, tanneurs, qui se jettent en masse sur les manoirs des nobles fidèles à la Couronne, les bureaux des impôts, les sergents et les demeures de huguenots qui n'ont pas encore pris la fuite. Le péril paraît si grand que le chef des armées royales en Normandie conjure la noblesse du pays de se joindre à lui dans le massacre de ces gueux pour empêcher le renversement de la société. Ou comment un mouvement d'origine religieuse et populaire, bascule dans l'anarchie et la terreur, sous l'influence enflammée des prédicateurs des ordres mendiants (Augustins de Barfleur, Bayeux et Lisieux, Cordeliers de Valognes et de Montreuil, Jacobins de Coutances) qui appellent au martyr du vrai peuple de Dieu et encensent ses victimes.  »

 

 

 

Au final, un exposé, riche, brillant, très bien documenté et qui a présenté un développement très explicite de cette histoire locale, complexe, qui s'inscrit dans des processus nationaux et internationaux non moins complexes.

 

Prochaine conférence le samedi 11 février 2017 à 14h 30 salle Baudelaire à Alençon

                                    avec Jean-Pierre Cormier

Un aspect méconnu de la guerre de Cent-Ans : la guerre monétaire entre les rois de France et les rois d'Angleterre (1400-1450), à travers des exemples normands



15/01/2017
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