SHAO Société Historique et Archéologique de l\'Orne

Conférence de Dominique Cliquet samedi 9 mars 2013 : « Les premiers hommes dans l’Orne »,

Conférence de Dominique Cliquet 

samedi 9 mars 2013 :

« Les premiers hommes dans l'Orne »

 

Samedi 9 mars, la SHAO accueillait pour sa conférence annuelle Dominique Cliquet, Conservateur du Patrimoine au Service régional de l'Archéologie de Basse-Normandie et spécialiste reconnu de la Préhistoire ancienne.



Dominique Cliquet


Dans sa communication intitulée « Les premiers hommes dans l'Orne », le conférencier a détaillé les données acquises récemment sur les traces des premiers peuplements en Basse- et Haute-Normandie. Les sites les mieux documentés ont été retrouvés dans le Cotentin et la basse vallée de la Seine. Au premier espace appartiennent les traces d'occupations de Port-Racine, de La Roche Gélétan, le gisement immergé de La Mondrée à Fermanville et l'exceptionnelle implantation néandertalienne du Rozel en cours d'étude. Concernant la vallée de la Seine, Saint-Pierre-les-Elbeuf a livré des paléosols rattachables à l'Acheuléen et les sondages pratiqués à Tourville-la-Rivière  ont fourni du matériel faunique sur une occupation de berge qui a pu être datée par les méthodes radiométriques. Par ailleurs, concernant la faune, il faut retenir l'étude réalisée à Ranville dans le Calvados sur des animaux piégés dans un karst.

Pour l'Orne, les plus anciens témoins de la présence d'Homo Erectus remontent à la fin du Paléolithique inférieur soit entre 350 000 et 120 000 ans avec des outils de l'Acheuléen retrouvés à Commeaux près d'Argentan ; d'autres industries à bifaces rattachables au Micoquien ont été identifiées à Saint-Martin-du-Vieux-Bellême et Argentan, elles sont datées  entre 150 000 et 120 000 ans.

Les données sont plus abondantes pour le Paléolithique moyen (120 000 à 40 000) qui correspond à la présence de l'Homme de Néandertal. L'outillage constitué de petits bifaces et de racloirs a été identifié en position isolée en de nombreux endroits comme l'exceptionnelle pièce triangulaire de Montgaroult mais c'est le site de Saint-Brice-sous-Rânes, partiellement fouillé récemment, qui apporte l'information la plus tangible avec la mise en évidence d'un grand atelier de fabrication d'outils daté de 40 600 ans.

Les traces des derniers chasseurs-cueilleurs (les Hommes modernes, Homo sapiens) sont beaucoup plus ténues dans l'Orne au Paléolithique supérieur (35 000 à 10 000 ans). Elles consistent en quelques outils retrouvés en prospection dans le canton de Carrouges.  À la faveur d'un réchauffement climatique vers 9000 ans, la forêt  reprend ses droits et de nouvelles espèces animales réapparaissent : sanglier, daim, castor, ours brun… L'homme doit adapter sa panoplie aux nouvelles conditions de chasse avec l'utilisation intensive de l'arc qui sous-entend  la fabrication d'armatures lithiques.

Tout au long de son exposé, D. Cliquet s'est attaché à privilégier l'aspect ethnographique de ses recherches en replaçant l'homme et ses activités dans le milieu naturel très évolutif avec des variations climatiques alternant glaciations et phases interglaciaires de réchauffement.

Guy Leclerc

   Le public

Prochaine conférence : samedi 13 avril par Evelyne Tiercelin :

"Mortalité inhabituelle dans le bocage ornais, XVIIe - XVIIIe siècles".



12/03/2013
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