SHAO Société Historique et Archéologique de l\'Orne

Conférence d'Alain Ponchel du 14 mai 2011 Napoléon dans l'Orne en 1811

Conférence d'Alain Ponchel

Samedi 14 mai 2011

Il y  a 200 ans, Napoléon à Alençon

 

Le président de la SHAO et Alain Ponchel

Samedi pour sa dernière conférence de l'année 2010-2011, la SHAO accueillait à la salle Baudelaire Alain Ponchel[1], déjà venu en 2009 nous évoquer brillamment la mémoire de la première guerre mondiale, conférence qui déboucha sur un article dans le bulletin tome CXXVIII, 4ème trimestre 2009.

En préalable, le conférencier a expliqué la démarche de l'historien dont le travail s'appuie sur différentes sources comme le Journal du département de l'Orne aux Archives départementales de l'Orne et d'autres sources que l'on trouve aux Archives municipales de l'Aigle ou Argentan.

Plusieurs questions viennent à l'esprit quand on évoque le voyage (en fait deux voyages) dans l'orne en mai 2011 : pourquoi ce déplacement ? Quels acteurs locaux ont été impliqués et sollicités tant dans la préparation que dans les rencontres formelles avec l'Empereur?  Quelles retombées locales?

Le voyage de Napoléon s'est fait en deux temps :

-         le 22 mai, l'Empereur traverse l'Orne rapidement passant à l'Aigle à 14h, au Haras du Pin vers 17h,  franchit Argentan juste en ralentissant vers 18h pour arriver à Caen en soirée

-         le 31 mai, l'itinéraire est le suivant : Argentan (où les Clarisses offre à Marie-Louise un livre d'heures brodé), Sées (où Marie-Louise se voit remettre une corbeille), puis Alençon, ville dans laquelle il va rester 2 nuits, soit 54 heures et d'où il repartira le 2 juin.

Pourquoi un tel déplacement ? Quel est le sens d'un voyage napoléonien ?

Plusieurs éléments peuvent être évoqués : rencontre de la population (genre de sondage nature), contrôle de l'administration (audit en quelque sorte), propagande pour son régime.

L'Empire couvrant une vaste surface avec 130 départements de Hambourg à Rome, présentant 45 millions d'habitants, ce voyage intervient dans une période un peu « calme » du régime : depuis 1810, Napoléon est alors un jeune père et sans doute il vit une de ses périodes les plus heureuses de sa vie, au sommet de sa puissance. Il prend le temps d'aller vers une  Province, peuplée et riche, la Basse-Normandie.

Les acteurs locaux : le Préfet Lamagdelaine, omniprésent,  les maires de communes traversées dont Jacques Mercier d'Alençon, les notables que Napoléon a voulu rencontrer, de manière prévue (audiences avec Roederer, l'évêque de Sées, Le général Alexis le Veneur, Bonet, les industriels alençonnais…) ou bien ceux, rencontrés de manière assez fortuite (les habitants et le maire de Rémalard par exemple).

Un tel voyage présente un bilan mitigé présentant des points positifs et d'autres négatifs.

Dans la première catégorie, les manifestations (réceptions, banquets, comme à Alençon avec 1300 personnes), les cadeaux et dons (par exemple, 5000 francs ont été attribués à la ville de l'Aigle), des décorations (comme pour le Veneur promu Maréchal d'Empire), des travaux et des commandes (le décret pour la construction du Palais de Justice d'Alençon paraitra rapidement le 6  juin, soit quelques jours après la visite de napoléon, et la construction du lycée impérial sur le site Aveline suivra par la suite).

Pour le second point, on note les déceptions (notamment pour les villes dont la population s'était préparée à l'événement et dans lesquelles l'Empereur ne fera que traverser ou bien n'y sera pas venu à cause d'un changement d'itinéraire), les déchéances de carrières publiques (comme pour l'Évêque de Sées, violemment pris à parti par Napoléon et déchu de sa fonction sur le champ), les dettes (Alençon est endettée jusqu'en 1813), des litiges sur le paiement de tel ou tel frais engagé…

 

Au final, si à l'échelle ornaise, ce double voyage a marqué les esprits, à l 'échelle de l'Empire, il ne s'agit que d'un micro-événement. Il n' y a par exemple, aucun relais dans la presse nationale.

Les années plus chargées qui s'annoncent vont limiter ce genre de « petit voyage provincial ».

 


Le contenu de cet exposé sera intégré dans un prochain bulletin de la SHAO consacré au XIXe siècle.

 

 



[1] Professeur agrégé d'histoire-géographie au lycée Margueritte de Navarre à Alençon.



15/05/2011
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